(BFM Bourse) - L'indice parisien a perdu du terrain ce vendredi et a nettement souffert sur la semaine, plombé par la défiance envers les actifs tricolores et même européens dans la foulée des violences du précédent week-end.
Le CAC 40 a mis un point final à une semaine bien difficile. L'indice phare de la place de Paris a perdu 0,36% ce vendredi 23 octobre terminant à 7.782,82 points.
Sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 a abandonné 2,19% lesté par la défiance accrue des investisseurs sur les actifs français, en particulier les obligations.
Les violences survenues le week-end dernier "sont venues intensifier les tensions qui pèsent sur la dette publique française", rappelle LBPAM.
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Le pétrole monte
"Les tensions sociales compliquent encore davantage le vote du budget, alors même que l’exécutif ne dispose pratiquement d’aucune marge pour répondre par de nouvelles dépenses ou des baisses d’impôts. La France n’a donc ni l’espace budgétaire pour acheter la paix sociale, ni l’espace politique pour imposer facilement l’ajustement nécessaire", prévient de son côté Charlotte de Montpellier économiste chez ING France.
Le taux de l’obligation de la France à 10 ans a grimpé cette semaine pour dépasser les 5% et même celui des États-Unis. L'écart avec celui de l'Allemagne à 10 ans, thermomètre du stress de marché sur la signature tricolore, a dépassé les 175 points de base (1,75 point de pourcentage), au plus haut depuis 2011.
Les mauvaises performances des actifs se sont d'ailleurs répercutés sur les actions européennes et sur d'autres obligations.
"Une hausse importante de la prime de risque française ne reste pas cantonnée aux OAT (le titre de dette français de référence). Elle peut entraîner d'autres rendements souverains européens à la hausse, notamment via les stratégies qui consistent à réduire l’exposition à l’Europe ou à arbitrer entre dettes souveraines", explique Grégoire Kounowski de Norman K.
Pour revenir à la séance de vendredi, les taux français ont connu une légère accalmie, avec un rendement à 10 ans revenu à 5,03%, en repli de quatre points de base et un écart avec l'Allemagne de 168 points de base.
Mais la hausse du pétrole maintient les marchés sous tension. Le contrat de décembre sur le Brent de mer du Nord avance de 1,84% à 115,25 dollars le baril tandis que celui sur le WTI progresse de 2,2% à 101,70 dollars le baril.
Le marché continue de s'inquiéter de la multiplication des attaques yéménites Houthis en Arabie saoudite et d'un regain de tensions entre Washington et Téhéran.
Dégradation en vue
"Au-delà de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, les tarifs de fret sont devenus de plus en plus un facteur marginal déterminant, les prix à l’arrivée élevés pour les raffineurs pouvant potentiellement plafonner la hausse du prix du pétrole brut, car la baisse des marges pourrait limiter l’activité des raffineries", a déclaré à Bloomberg Ryan McKay, stratège senior en matières premières chez TD Securities. "Cela aurait toutefois pour conséquence, à terme, de maintenir une offre extrêmement restreinte de produits raffinés", a-t-il ajouté.
"La volatilité pourrait rester importante à court terme avec l'incertitude sur le passage du budget, les événements sociaux encore en cours et la revue de la note de la France par Moody's ce soir", explique Xavier Chapard de LBPAM. Les investisseurs attendent, en effet, l'issue de la décision de l'agende de notation Moody's sur la note de crédit de la France. Moody's est la dernière agence à accorder une note "AA" à la France (Aa3 exactement).
"Compte tenu de la détérioration des conditions économiques et budgétaires, un abaissement d’un cran paraît désormais très probable. Un ajustement plus marqué pourrait se justifier au regard des comparaisons avec les pairs, mais reste peu probable pour un grand souverain disposant d’une forte capacité budgétaire", estime Nadia Ghargi de Pictet Wealth Management.
"Au-delà, la prime sur la dette française peut paraître attractive par rapport aux fondamentaux. Mais on peut se demander si les investisseurs, principalement étrangers, achèteront fortement la dette française alors que les incertitudes politiques et sur la trajectoire des finances publiques resteront très élevées au moins jusqu'aux élections de l'année prochaine. C'est pourquoi nous restons toujours prudents sur la dette française", développe Xavier Chapard.
Du côté des valeurs, Kering a chuté de 16,6% après avoir livré une activité décevante chez Gucci. Safran, qui a livré son activité du troisième trimestre, a également été puni (-10%).
A contrario, Sodexo a pris 6,3% après avoir publié les résultats complets de son exercice 2025-2026. Surtout L'Oréal, première capitalisation boursière de la place de Paris, a gagné 5,6% après avoir atomisé les attentes au troisième trimestre.
Sur les autres marchés, l'euro recule de 0,2% face au dollar à 1,1196 dollar.
